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A la fin de la route | 19 septembre 2017

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On a dormi dans un chien géant

On a dormi dans un chien géant
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« Hello, Letting you know Idaho’s big dog will be ready for your arrival on monday July 7th. Safe travel & see you soon. » Quelques jours avant de rallier le Glacier National Park, on a reçu cet étrange email à Portland. On s’y attendait un peu alors on a répondu qu’on était prêts nous aussi, même impatients, et qu’on arriverait un peu « tard » (20 heures).
Après une longue journée de route entre Oregon, Washington et Idaho, le long des gorges de la Columbia River puis au coeur des ennuyeux champs de blé par 100°F (38°C), nous débarquons finalement à Cottonwood, dans l’ouest de l’Idaho. Et là on l’aperçoit. Un beagle géant de neuf mètres de haut, entouré de sculptures en bois, au milieu d’un terrain verdoyant coincé entre deux routes. Normal, quoi.

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« Welcome to the dog ! »

« Welcome to the dog ! » nous lance un fringant septuagénaire en sortant d’une petite bicoque. Dennis, puisque c’est lui, nous serre franchement la pogne, avec sa grosse paluche d’artisan, casquette « Dog Bark Park Inn » vissée sur la tête et t-shirt assorti. Et c’est parti pour une demi-heure de discussion autour de la star des lieux, dont Dennis Sullivan est le maître avec sa femme Frances Conklin. Ils ont eu l’idée folle d’ouvrir un bed & breakfast dans un chien géant en bois sculpté il y a une quinzaine d’années.

 

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« Tout ce qui est plus haut que l’herbe sur ce terrain a été fait de nos mains » nous explique-t-il fièrement. Il nous tend une clé à laquelle pend naturellement une tête de chien en bois, nous fournit quelques explications rapides (« N’ayez pas peur si vous entendez du bruit contre les murs cette nuit, c’est le vent qui fait « flap-flaper » ses oreilles. Et fermez bien les rideaux, ici le jour se lève à 4h30″). Avant de s’engouffrer dans une voiture à tête de chien flanquée du slogan « Finding puppy’s name » (le nom du livre qu’il est en train d’écrire sur vous savez qui). Son « vrai » chien, un golden retriever, est sur ses talons.

 

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« On a fait simple, la tuyauterie est à l’arrière ! »

Nous, on part rencontrer « Sweet Willy », puisqu’il a un nom. Ses compères, Tobby et Luther (bien plus petits), lui tiennent compagnie, à côté d’un grille-pain géant et d’une bouche à incendie qui renferme des toilettes. Nous serons ses seuls maîtres pour la nuit. Au rez-de chaussée, un porche avec des bancs. On accède à l’appartement par des escaliers. A l’intérieur, il y a toutes les commodités : chambre, kitchenette, salle de bain avec baignoire dans le corps, chambre supplémentaire pour les enfants dans la tête. Et comme aime à le rappeler son créateur : « On a fait simple, la tuyauterie est à l’arrière ! ».

 

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On pousse la porte et ô (pas de) surprise le thème « doggy » continue à l’intérieur. Sur le lit (dont la tête est sculptées de 26 races de chiens différentes), on trouve des petits sablés en forme de Westies. C’est Frances qui les a mitonnés, ainsi que plein de bonnes petites choses qu’on trouve dans la cuisine et le frigo, pour « snacker » ce soir et petit-déjeuner demain matin. Le « Beagle-Opoly et les bouquins qui remplissent les étagères seront pour plus tard : on va s’ouvrir une petite bière du Northwest sur la terrasse tandis que le jour termine de se coucher. On mangera à l’intérieur de notre niche. Il fait super bon dedans, on ne met pas la clim. Et après zou, au panier. Sans le moindre bruit à l’exception de quelques rares voitures et de quelques cris de coyotes. Au fait, Sweet Willy n’a pas internet et ne capte pas le téléphone.

 

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Au matin, la lumière du jour nous a bien réveillés, Willy n’a pas eu à aboyer. On a dégusté les produits locaux et maison de Frances : brioche aux blueberries (qu’elle cueille elle-même) et aux amandes et muffins rhubarbe, au chocolat et aux raisins. Woof woof !

On retrouve Dennis dans son atelier qui fait aussi office de front desk et de gift shop. Il est avec sa petite-fille, qui va profiter de l’été pour repeindre les sculptures sur bois de pépé. On a plein de questions à lui poser. D’abord pourquoi un beagle ? Pas parce que Lewis et Clark (qui sont passés par l’Idaho) en avaient un, pas non plus parce que c’était un membre de la famille. « Quand j’étais enfant dans le Massachusetts, on nous emmenait à la chasse au lapin. Un fermier venait avec sa meute de beagles : j’adorais leur bruit, leurs cris quand ils partent à la chasse! Je n’en ai jamais eu et je n’en aurai jamais, mais j’ai toujours aimé ces chiens. » Comment lui est venue l’idée d’ouvrir un hôtel d’une chambre en forme de chien ? C’était la suite « logique » de sa passion pour la sculpture sur bois, qu’il partage avec Frances. Mais depuis qu’elle a mal au dos, cette dernière sculpte moins et peint plus. 

 

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C’est avec sa tronçonneuse allemande fétiche à la main qu’il remonte dans le temps et nous explique sa passion. Car c’est grâce à ses sculptures qu’il a pu construire Willy. Retour en 95, Dennis expose au beau milieu de la Main St de Grangeville, la bourgade voisine, ses sculptures de chiens, lors d’un évènement. Le télé achat est présent et en 45 minutes, il vend tout. Il en vendra des milliers dans les semaines qui suivent. Ça lui a rapporté « un big bag of money », comme il dit, ce qui lui a permis de se lancer. Il lui a fallu 4 ans pour construire Willy. « J’ai fait ça à mon rythme, j’aurai pu faire plus vite mais j’avais envie d’en profiter », explique Dennis, qui construit actuellement une autre maison, la sienne, au-dessus du gift-shop, pour ses vieux jours.

 

 

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35 000 sculptures mais un seul Willy

Lui qui a travaillé dans le bâtiment puis dans une usine de construction d’outils pour tapis, fait ce qu’il veut du pin ponderosa. « Quand ça passe la porte, ça devient du dog wood, hahaha ». Il lui faut 8 minutes pour faire une pièce et, au total, il estime en avoir réalisé 35 000. Ce qui, admettons le, fait un peu peur (#dogapocalypse). Derrière lui, ses premières oeuvres, très Disney. Alors que Frances arrive, on lui demande pourquoi il ne cherche pas à en faire un deuxième ? « Si vous le faites deux fois, vous ne savez pas si ce sera deux fois meilleurs, deux fois moins bon », répond-il avec sagesse. Il ne veut pas d’employé, il veut garder ça à taille humaine (si l’on peut dire). Bref, c’est l’homme d’un seul chien géant.

 

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Et surtout pas d’un chat géant, malgré nos demandes insistantes. « Je les aime pas trop mais surtout, tout le monde se foutrait de moi. Aux USA, une cathouse, c’est un bordel ».

 

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Le coin pratique

> L’adresse : Dog Bark Park Inn, 2421 Business Hwy 95, Cottonwood, ID. (Difficile à rater)

> Tarifs : 98 $ pour deux personnes. 10 $ pour chaque personne de plus. Ouvert du 1er avril au 31 octobre. Check in entre 15h30 et 17h30 (Pacific Time)

> Distances

Portland (Oregon) – Dog Bark Park Inn : 637 km (6h33)
Boise (Idaho) – Dog Bark Park Inn : 339 km (4h05)
Coeur d’Alene (Idaho) – Dog Bark Park Inn : 271 km (2h55)
Missoula (Montana) – Dog Bark Park Inn : 282 km (3h32)

 

 

> Le site : http://dogbarkparkinn.com/

 

Comments

  1. Ils sont fous ces américains. Merci pour cet article qui m’as bien fait rire 🙂

  2. Ah, c’est trop chouette ! Je ne connaissais pas cet endroit, mais ça me donne bien envie d’y passer une nuit. S’ils n’ont qu’un chien à disposition, j’imagine que leur calendrier doit être blindé ?

    • alafindelaroute

      Hi, calendrier bien rempli oui. D’ailleurs, on a calé notre début de trip sur eux pour être sûrs d’y aller ! On avait réservé 4 mois à l’avance

  3. Excellent ! Ca faisait justement partie d’un top que j’ai fait sur les hôtels les plus WTF, et ça m’avait l’air franchement hyper sympa. 🙂 Et de voir ça ça donne encore plus envie !! En plus les proprios ont l’air tellement simples et gentils, rrhhha encore un autre endroit à ne pas louper la prochaine fois que j’irai au US… 🙂

    • alafindelaroute

      Hello, les proprios sont vraiment adorables, des passionnés avec qui il faut absolument discuter. En effet, tu peux le cocher pour la prochaine fois, même si Cottonwood est au milieu de rien ! Biz

  4. Superbe découverte c’est vraiment chouette comme concept ! Si j’ai la chance de repartir au Etat-Unis, je ne manquerai pas d’y aller 🙂

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