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A la fin de la route | 20 juin 2017

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J’ai nagé avec les dauphins dans le premier Marineland du monde

J’ai nagé avec les dauphins dans le premier Marineland du monde
falbalala

C’était un rêve d’enfant : nager avec un dauphin. J’avais d’ailleurs songé, à l’entrée du lycée, à devenir delphinologue (mais il fallait savoir plonger et porter une combi moulante, alors je suis devenue journaliste…). Un rêve encore davantage accentué par un premier test l’an dernier, au milieu des dauphins sauvages à Panama City, en Floride.

 

L’expérience, qu’on vous a déjà racontée (c’est par ici), bien que plus authentique, m’avait laissée un vrai sentiment de frustration. Certes, on avait approché de « vrais » dauphins mais on les avait à peine aperçus et on était trop nombreux. Ce que je voulais ? Un vrai tête-à-tête, nez à nez avec un de ces mammifères marins. J’avais repéré de longue date que le Marineland de Saint-Augustine (Floride également), le premier au monde, ouvert il y a 75 ans, proposait différentes sortes de baptêmes. L’immersion, la découverte mais aussi le simple nourrissage et le plus insolite atelier… peinture ! (C’est le dauphin qui peint !)

 

 

Impossible de me décider entre le premier et le second, et je n’ai jamais eu de réponse au mail que j’avais envoyé. On a donc attendu d’être sur le sol américain et de voir approcher l’étape floridienne pour que je me décide. J’hésitais encore car les critiques sur les forums de voyageurs sont plus que décourageantes : les gens trouvent que c’est « cher pour ce que c’est » et que « ça manque cruellement d’ombre« .

Les prix sont effectivement élevés : 29 dollars pour le « touch and feed », 90 pour le « dolphin designs » à la Picasso, 150 la découverte, 200 l’immersion et jusqu’à 450 pour « entraîneur d’un jour ». Pour seulement quelques dizaines de minutes avec eux dans l’eau. En fait, les visiteurs (et ils ont raison) déploraient de devoir payer 10 dollars pour une entrée simple et le tour des bassins. Mais pour les activités pures, certains parcs pratiquent des tarifs beaucoup plus élevés et, selon des fans qu’on a rencontré sur place, les séances à Saint-Augustine sont bien mieux et beaucoup moins commerciales qu’ailleurs.

Me voilà donc partie pour un programme « immersion ». Seule. Mon amoureux, pas si tenté que ça, refroidi par le prix, décide de rester au bord du bassin, même si il lui en coutait de pinailler en plein cagnard et, comme annoncé sur le site, d’être interdit de photo, le Marineland se chargeant d’immortaliser la rencontre. Mais on verra ensuite que l’on peut gruger.

Rendez-vous est pris à 10h45 le lundi 2 septembre. Comme prévu, on arrive tôt (au moins une demi-heure avant). Ah, ici, ce sont les grands travaux. On se présente au guichet (un gift shop où on trouve absolument tout ce qui il y a de bleu avec des nageoires, y compris les oeuvres réalisées par les dauphins pendant les ateliers peinture), ils nous débitent (les taxes en plus) et m’agrafent un bracelet jaune autour du poignet. On ressort du bâtiment et on longe une magnifique plage pour rentrer dans le Marineland. On aperçoit Nellie, le plus vieux dauphin en captivité du monde, qui a fêté ses 60 ans. Née ici, elle a doublé l’espérance de vie de son espèce.

Mise à jour le 28 mai 2014: Nellie n’a pas attendu qu’on retourne la voir. Elle est morte le 1er mai dernier, faisant pleurer des milliers d’Américains, à l’âge de 61 ans. RIP Nellie.

 

 

Le soleil cogne, il fait une chaleur… floridienne. On zieute à travers les giga bassins vitrés et on aperçoit déjà quelques spécimens. Il y a des gens qui participent aux autres ateliers. Et on poireaute. Une grosse demi-heure plus tard, on vient finalement me chercher. La veille au soir j’ai un peu flippé (comme Flipper le…) mais là pas du tout. On se tape d’abord une visite des bassins (un peu longuet en plein soleil). Attention, restez derrière la ligne bleue ! On file au vestiaire et on enfile notre tenue de lumière : l’expérience n’aurait pas été complète sans un masque de plongée et un gilet de sauvetage mouillé (qui pue un peu bien sûr).

 

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On est un groupe de cinq. Je pensais me retrouver avec plein de gosses, en fait non je suis presque la plus jeune. Une quinqua toute seule, un ado, un couple et moi. On me met d’ailleurs dans un sous-groupe avec eux. Donald et Jannice, de super camarades d’expérience qui, eux, ont déjà ait la brasse au milieu des lamantins. On se présente. « What’s your name ? » « Delphine ». « What? ». « Like Dolphin mais with le « e ». It’s french ». Et pour la première fois de ma vie s’ensuit un « Wow, Wonderfulllllll !!!!!! » global. LOL. Aucun n’arrivera à le prononcer et tout le monde a fini par m’appeler Dolphin.

On entre dans le bassin (rempli d’eau de la mer d’à côté, filtrée) par une petite plage et on s’enfonce progressivement. Jessica, une grande blonde sportive, nous explique qu’il va d’abord falloir y aller doucement, le temps que le dauphin nous « renifle ». « Vous êtes des étrangers qui entrez dans sa maison, là!« . La photographe est là aussi (et elle a l’air de s’en battre la nageoire).

On rencontre Roxy, une jolie petite dauphine. On commence à lui caresser le dos puis le ventre. C’est énorme, ça ne ressemble à rien d’autre. La peau de dauphin a un peu la texture du cuir mais aussi du plastique. Il se desquame en permanence et renouvelle sa peau toutes le deux heures, en intégralité ! Il a aussi beaucoup de dents hyper pointues et des nageoires qui ressemblent à de l’os. Jessica nous fait faire différents exercices et nous explique les gestes qu’il ne faut surtout pas faire (le toucher trop près des yeux, bouger les bras, mais toujours les laisser le long du corps, une distance d’espace vital et pointer les doigts de pieds vers le bas). Elle me demande si j’ai quelqu’un qui prend des photos. Sympa, elle me fait une surprise : je vais m’accouder contre le rebord de la piscine et elle envoie le dauphin me rejoindre. Trop chou.

 

 

D’un doigt levé ou en tapotant sur l’eau, on fait sauter, danser ou chanter Roxy, qui a l’air d’adorer ça. On joue aussi à « splash » (envoie moi plus d’eau dans la face que moi).  On la récompense bien sûr d’un petit poisson à chaque fois, et si elle ne veut pas jouer, pas grave. C’est l’heure de switcher, de dauphin et d’entraîneur.

Ce sera Cassie (encore une fille) et Candace. Re-présentation, et cette fois des sauts spectaculaires et des… bisous ! Un moment d’exception, vraiment. Tu sens que tu vis un truc magique, avec un être qui ne ressemble à aucun autre mais dont tu captes directement l’intelligence. T’as aussi l’impression qu’il se marre tout le temps. Jannice en pleure (moi ce sera après, une fois sortie). J’ai d’ailleurs mis la journée à m’en remettre, et j’y pense encore tout le temps. J’ai aussi été bonne pour un giga bleu à la cuisse (j’ai pris un coup de queue de dauphin).

 

 

C’est l’heure de quitter Roxie, Cassie et compagnie ; on le fait d’un grand signe de la main et on s’échange les adresses (avec les humains). L’immersion devait durer 30 minutes, on a eu droit à une petite rallonge. Direction maintenant le gift shop, où nous attendent (déjà ?) plusieurs dizaines de clichés de notre expérience. Elles sont loin d’être top, mais valent une fortune : à partir de 7 dollars le petit format imprimé, 85 dollars le CD complet. On ne prend que celle du bisou, mon photographe perso et son gros zoom ont assuré. Le Marineland n’est pas aussi fermé sur le sujet qu’on le croirait sur le site : on peut prendre son appareil et pendant la visite, et si vous avez un accompagnateur, il pourra immortaliser lui-même le moment, même si c’est d’un peu loin et que parfois on nous tourne dans l’autre sens.

 

 

Roxy, je ne t’oublierai jamais. I kissed a dolphin and I liked it. Je croyais que les dauphins étaient un peu kitsch, mais j’ai été surprise de voir, en publiant cette photo sur mon mur facebook, que mon rêve était celui de beaucoup de gens d’horizons très différents. N’hésitez pas à faire le grand plongeon; moi je pense déjà à la prochaine. Les raies géantes du Mexique ? Des requins à l’intérieur d’une cage ? Des baleines ? Ce sera peut-être des dauphins… sauvages, maintenant je suis prête !

 

Le coin pratique

> Marineland Dolphin Adventure, 9600 Oceanshore Blvd., Saint Augustine, Fl 32080Site: http://www.marineland.net/

Comments

  1. Julien

    Bonjour, superbe article je vous envie après lecture de votre expérience avec les dauphins.

    Je pars pour la Californie en septembre savez vous s il est possible de faire la même chose dans cette region? Si jamais vous connaissez un parc ça serait sympa de me les communiquer

    Bien à vous,

    Jurado Julien

  2. Breton

    Hey, j’aime beaucoup vos articles d’habitude ! Mais là, déjà rien que le titre j’ai commencé à me sentir pas bien. Je dois juste vous dire que je suis pas une écolo freak ni-même une hippie freak. Mais les zoos et les parcs aquatiques comme ça…
    Savez-vous d’où viennent les dauphins avec lesquels vous avez plongé ? Comment ils ont été capturés ?
    Ils proviennent d’un massacre sanglant qui n’a épargné aucun membre de leur famille, et d’ailleurs certains des dauphins sélectionnés pour être revendus aux parcs se laissent mourir avant même d’avoir pu être dressés intensivement pendant les semaines qui suivent la tuerie.
    Des images et vidéos sont disponibles sur internet, peut-être aurez-vous le coeur d’aller voir ce que Roxie et Cassie ont vécu avant de faire les clowns pour vous satisfaire ?
    Trois mots suffisent dans la barre Google : Taiji bay slaughter…
    Et les larmes que vous verserez cette fois risquent d’être amères…

    (mais bravo pour vos autres articles et bonne continuation, aucune forme de méchanceté dans ce message. Moi-même j’ai longtemps eu envie d’aller faire ce genre d’expérience. C’était avant de découvrir ces atrocités).

    • alafindelaroute

      Bonsoir Marie,
      Pas de souci, c’est un lieu de discussions. Nous avons déjà eu ce type de débat sur une autre chronique. J’entends bien tout ce que tu dis. Ces vidéos, je les connais. Nous voulions de notre côté tester les deux aspects que la Floride pouvait nous offrir : nager avec des dauphins sauvages et avec des dauphins en captivité. Voilà, on l’a fait, voilà, on l’a raconté.
      Pour répondre à ta question, les dauphins du Marineland de Saint-Augustine, propriété du Georgia aquarium d’Atlanta, sont tous nés en captivité. Il y a peu, il y avait Nellie, le plus vieux dauphin né en captivité (61 ans). Cela ne change pas grand chose. Mais au moins ils n’ont pas été capturés dans les conditions que tu évoques. Ensuite, le débat est vaste et sans issue. Relâcher ou non des dauphins (ou orques) nés en captivité ? Les scientifiques se déchirent sur le sujet. Et nous ne sommes pas compétents pour en parler.
      Et non, on te prend pas pour une écolo-freak…
      Bonne soirée

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