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A la fin de la route | 17 octobre 2017

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On a nagé avec les dauphins à Panama City

On a nagé avec les dauphins à Panama City
falbalala

Comme pour plein de gens (y compris des nuées de Français qui débarqueront cet été sur les côtes de Floride), nager avec les dauphins était un petit rêve qu’on gardait dans un coin de notre tête (pour moi c’était au moins depuis la sortie du Grand bleu…). Presqu’un an après, on ne sait toujours pas vraiment ce qu’on en a pensé. Si… C’était cool, mais pas autant que ce qu’on se l’était imaginé. On s’est mis un coup de stress tout seuls et c’était pas assez (cétacé)…

En organisant notre road trip via la côte ouest de la Floride l’an dernier (en juillet 2012), on s’y est pris bien à l’avance pour en faire un moment-clé de notre séjour. Là, on s’est heurtés à une première difficulté: que voulait-on vraiment faire ? Nager avec des dauphins sauvages, en liberté, où s’assurer quelques brasses avec des dauphins « domestiqués » bien dressés dans un parc d’attraction ou de sauvegarde de la faune ? On peut vivre cette expérience un peu partout dans le monde: au Mexique, aux Etats-Unis, en Egypte et même en France, seul ou via des organismes. Comme on avait plutôt envie d’un truc « nature »,  après avoir potassé les guides, les forums et les blogs, on a choisi de le faire à Panama City beach, ville côtière davantage connue pour accueillir des étudiants alcoolisés par centaines au printemps pour le Springbreak (d’où son joli surnom de redneck riviera).   Et de partir sur un (petit) bateau avec l’association « Water planet« , la plus ancienne du coin. Pourquoi?  C’étaient les plus « roots« , avec une vraie éthique de respect pour l’animal et l’environnement, un site en français, des membres francophones… et surtout ils nous promettaient une expérience différente (à cinq par bateaux au lieu de 100). Le tarif était « correct » (vu les tarifs moyens pratiqués) : une centaine de dollars par tête.

 

 

On a pris contact par mail quelques mois plus tôt, versé un acompte et pris rendez-vous pour l’après-midi du 19 juillet avec la formule « nage avec les dauphins + excursion à Shell Island« . Studieusement, on a bien imprimé tous les formulaires pour être fin prêts le jour-J.

Ce matin-là d’ailleurs, on n’a pas fait grand-chose, trop excités d’aller enfin tenter l’expérience, dont le rendez-vous était fixé à 13 heures. On a musardé sur la plage, acheté un maillot de bain, des bouteilles d’eau bien fraîches et cherché des lunettes de plongée, pour ne rien rater de la rencontre avec les mammifères marins.

Vers midi, on prend la voiture, direction Greenwood drive, Panama City beach. Et là surprise, on s’éloigne franchement de la mer pour atterrir dans un charmant petit lotissement. Le seul dauphin qu’on aperçoit est en bois et affiche fièrement « Water Planet » au-dessus d’un petit pavillon. Mais à l’intérieur, personne. On prend un petit coup de chaud : merde, le bateau va partir sans nous et on ne sera plus là demain ! On retourne les formulaires dans tous les sens, on essaye d’aller sur internet puis d’appeler Water Planet, sans réponse.

 

 

Finalement, un quart d’heure plus tard, le francophone de l’assoc finit par nous rappeler et nous explique que le bateau est effectivement parti sans nous. Normal, on n’avait pas rendez-vous au local de Water Planet mais à l’embarcadère, sur Lagoon drive. Sympa, il rappelle tous les bateaux et réussit à persuader l’un(e) des capitaines de revenir nous chercher sur la côte. Il nous faudra rejoindre l’eau, entrer dans un parc national et les attendre au mini-port. En sueur, on finit par y arriver. Merde, on n’aura pas eu tous les conseils pour approcher un dauphin (qu’il est légalement interdit de les toucher ou quels comportements éviter). Tant pis, on la jouera à l’instinct.

La capitaine Britney (nom d’emprunt car on a oublié son prénom, désolé), une blonde sportive très cool, nous embarque sur le petit bateau (on a dit un grand thank you et on lui glissera un bon pourboire pour le dérangement).

 

 

Il y a déjà une famille avec deux enfants à bord, qui a déjà eu la chance de nager avec deux dauphins. Brit’ met le cap vers une île et arrête le moteur. Elle nous explique qu’on n’aura pas le temps de réfléchir : quand elle apercevra un dauphin, elle criera « Go, go ! » et il faudra foncer à l’eau.

 

 

Un, deux, quatre… si au début on est un peu gauches et trop lents, après quelques alertes, on est presque devenus des pros. Quelle expérience ! C’est presque flippant de se retrouver sous l’eau, nez à nez avec un dauphin. Il se passe un truc, c’est clair, il a l’air de tout capter. On ne les touche pas, mais eux s’amusent à nous frôler. Malheureusement, on n’est pas seuls : il y a des mecs venus en jet-ski, d’autres à la nage, d’autres à bateau et surtout des centaines de personnes sur des hors bord hypra-touristiques qui nous scrutent et nous mitraillent de flashs. Comble de l’ironie : on doit suivre les hors-bord, car s’ils polluent et ne partagent pas l’éthique de l’environnement de Water Planet, c’est dans les vagues de leur sillage que jouent les dauphins !

 

 

On saute chacun notre tour, l’autre restant sur le bateau pour immortaliser l’instant (voir la photo culte de JP avec la fille en maillot rouge…). Et surtout indiquer à l’autre le trajet du dauphin. Les dauphins sont aussi durs à « viser » avec un gilet de sauvetage flottant qu’avec une caméra ou un appareil-photo ! On se dit presque qu’on aurait dû venir seuls depuis la plage (encore aurait-il fallu qu’on connaisse la bonne). Les gens sont en transe dès qu’on aperçoit un aileron, c’est la cohue comme à l’entrée d’ H&M à l’ouverture des soldes.

 

 

On est trempés. La capitaine nous emmène faire un tour du côté de Shell Island, pour snorkeller, chercher des coquillages et zieuter la vie sous-marine. La mer dessine des bandes bicolores. On a le droit de prendre deux sand dollars (dollar des sables, un super beau coquillage plat genre oursin avec une étoile au milieu) chacun, la zone est un sanctuaire naturel protégé. Il « suffit » de regarder le sable et dès qu’on voit un mouvement horizontal, c’en est un. Les gosses de dix ans en sortent vingt, nous on finit par en choper deux… la honte. Si je ne les trouve pas, les coquillages viennent à moi : l’un me coupe le dessous de pied, ça pisse le sang, je dois remonter sur le bateau.

 

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Après une après-midi riche en sensations, on nous ramène au parc national. Tandis que l’équipage nous fait de grands signes d’au revoir, on s’attelle à une nouvelle recherche : celle des clés de la bagnole. Elles ont été tout ce temps dans la poche de maillot de bain de Jean-Philippe…et ô surprise, elles marchent encore. Merci les dauphins !

 

 

Ravie mais un peu restée sur ma (dau)faim, j’ai envie de recommencer cet été, mais autrement, pour voir. Le marineland de Saint Augustine (toujours en Floride), le premier créé au monde, propose de se jeter avec eux dans la piscine. Moins sauvage certes, mais peut-être plus concret. On peut même peindre avec eux !

  • Côté Pratique

> Water Planet, 203 Greenwood Drive (siège) ou 5709 N. Lagoon Drive (quai) à Panama City Beach propose des forfaits (un jour, trois jours, une semaine) pour aller à la rencontre des dauphins. A partir de 98 dollars + taxes

Le site :http://www.waterplanetusa.com/fr/

 

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Comments

  1. Peut-être que voir des documentaires comme « Blackfish » vous feraient changer d’avis sur la question ?

    Le Marineland de St Augustine, comme le Seaquarium à Miami et le bien connu Seaworld à Floride, ne sont pas des lieux naturels pour réaliser votre rêve … Ces mammifères devraient être libre. Hors, ils sont forcés à nager avec vous pour recevoir à manger, il n’y a rien de beau là-dedans. Je préfère mille fois observer des dauphins dans l’océan …

    • alafindelaroute

      Bonsoir Bertille,
      Bien sûr que je connais Blackfish et tout ce qui se dit là-dessus. Mais j’ai aussi une angoisse, ne pas savoir. C’est pourquoi on aime tout tester et puis pourquoi ne pas le raconter ? C’est pourquoi on a vu les dauphins en liberté (Panama City) et en captivité (Saint-Augustine), qu’on a vu les orques en captivité (San Diego) et en liberté (île San Juan, purée, la chronique qui traîne, qui traîne, qui traîne), qu’on a vu les baleines dans des gros bateaux (Boston) et dans des minus (Islande, Longue-Pointe-de-Mingan). Ca permet de se faire déjà une idée par soi-même.
      A plus

  2. Bonsoir et merci pour ta réponse.
    Le problème, c’est qu’en payant pour ce genre d’activité, vous participez complètement à ce système. Une fois, pourquoi pas, pour voir ce que c’est, ça peut encore se comprendre. Recommencer, c’est y adhérer, et c’est vraiment dommage. Je ne peux pas croire que des amoureux des animaux cautionnent cela, c’est même très égoïste pour le coup. Je viens juste de voir cet autre article sur le 1er Marineland au Monde… et c’est triste. Nelly est un cas unique, les cétacés vivent + longtemps dans leur environnement naturel, c’est prouvé scientifiquement. On fait gober tout et n’importe quoi aux visiteurs (notamment chez Seaworld). Pour conclure, voici un extrait de cette page qui reflète ma pensée : « L’Industrie de la Captivité peut aligner tous les records de longévité qu’elle veut. Une vie en bassin, c’est la prison à perpétuité pour un crime que l’on n’a pas commis. C’est une vie confinée dans l’espace minuscule d’un trou d’eau puant le chlore. C’est une vie morne, répétitive, sans rencontres, sans découvertes, sans voyages, sans aventures et sans espoir. Sans doute certains détenus tiennent-ils le coup plus longtemps que d’autres à ce régime, mais dans tous les cas, il est inadmissible qu’on leur impose ce type d’existence »

    http://freedolphinsbelgium.wordpress.com/2013/05/03/dauphins-captifsquelle-duree-de-vie-quelle-qualite/

    • alafindelaroute

      Bonjour Bertille,
      Merci de ta réponse aussi. Il est évident que je ne peux pas répondre à l’argument massue de « vous payez pour y participer, vous adhérez à ce système », qui est un peu fourre tout. Manger du poulet, c’est cautionner l’élevage en batterie ? Prendre la voiture, c’est cautionner le trou dans la couche d’ozone ? Achetez des chaussures, c’est cautionner la pollution chinoise ? C’est un peu réducteur quand même. Dans le cas de Panama City, je pense qu’il y a un malentendu. Ce sont des dauphins sauvages en liberté, qui vivent à quelques centaines de mètres des cotes floridiennes. Nous avons misé sur la compagnie la plus respectueuse (petit bateau, explications) pour nous retrouver au milieu du tourisme de masse.
      Pour le Marineland, c’est différent et condamnable. Néanmoins, ce sont des animaux qui n’ont connu que l’horizon dont tu parles. Ils y sont nés, ils y ont grandi, comme des chats qui ont été domestiqués. Et je crois que le mal à été fait il y’a bien longtemps, à l’époque de Nelly justement. Maintenant, ce sont des dauphins qui ne pourront retourner à l’état naturel… pour leur bien. Est-il possible de les remettre en liberté sans qu’ils risquent une mort certaine ? Alors que faire ? C’est devenu un élevage. Les orques et les dauphins ne sont plus prélevés de nos jours. C’est quelque chose qui a été fait il y’a des dizaines années.
      Je pense que le débat est louable mais un peu dépassé. Il vaut mieux se concentrer sur la chasse aux baleines (bonne nouvelle cette semaine) et les filets de pêche dévastateurs. Mais peut être as-tu mangé du poisson récemment et que tu participes à ce système ? 😉
      Très bonne journée

  3. Hello,
    Merci pour tes précisions, je ne savais pas pour Panama City.
    Je ne crois pas que le débat soit dépassé, et au contraire on est même en plein dedans (en tous cas aux US, avec une loi en cours en Californie pour interdire les spectacles d’orques dans les seaquariums)… et il y a des programmes de réhabilitation en cours un peu partout: les mammifères enfermés toute leur vie ne sont évidemment pas relâchés en plein océan « comme cela », mais une zone est déterminée dans l’océan où ils peuvent réapprendre à vivre (je pense que c’est le bon terme pour le coup)… tout vaut mieux qu’être enfermé dans ces bassins d’eau chloré à mon avis :S … je suis l’ensemble de ces problèmes (la chasse aux baleines, dauphins à Taiji, etc), et à ma petite échelle, j’essaye d’informer un maximum de personnes à ce sujet. Pour ma part, je retrace un max ce que je mange (viande/poisson), mais c’est du boulot certes (et à moins d’être végétarien /végétalien, ma démarche n’est pas parfaite, ce qui n’est pas le sujet il me semble).
    En tous cas, je te remercie de m’avoir laisser exprimer mon opinion sur ton blog, et je pense qu’on a fait le tour sur ce sujet
    Bonne journee aussi.

    • alafindelaroute

      Bonjour Bertille, je ne savais pas pour les réintroductions graduelles. Ils peuvent faire ça avec des orques ? En revanche, comment faire retrouver à un dauphin son instinct sauvage s’il est ne et a grandi en captivité ? La chose est enfouie ? Le naturel revient au galop ? Je suis vraiment curieux la dessus.
      De rien pour l’expression, c’est la moindre des choses.
      A plus

  4. Bonjour,
    Désolée pour le retard de réponse, je n’ai jamais reçu ton commentaire et j’étais repassée sur ce billet pour t’inviter à lire un article que je viens d’écrire et qui est publié sur le blog de Mathilde de Boston : http://www.maathiildee.com/2014/05/29/orques-et-dauphins-en-captivite-ou-lenvers-du-decor/

    Et pour répondre rapidement à ta question, comme je le dis dans l’article, même un animal né en captivité est capable d’évoluer dans la nature, l’instinct très probablement. Je ne suis pas scientifique mais je renvois justement à des liens à travers l’article qui en parlent bien que moi.

    Tu découvriras peut-être certaines choses dans cet article, qui je l’espère te feront reconsidérer ta participation future à des spectacles de dauphins/orques 🙂

    • alafindelaroute

      Bonjour Bertille, j’avais déjà lu ton billet chez Mathilde. Instructif.
      Par contre, je le répète pour les lecteurs de ce billet (et des comms) : les dauphins de Panama City (dans cette chronique) sont des dauphins sauvages, dans leur milieu naturel. Ce qui n’est pas le cas au Seaworld et Marineland.

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