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A la fin de la route | 18 juillet 2017

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Devils Tower, drôle d’endroit pour une rencontre du troisième type

Devils Tower, drôle d’endroit pour une rencontre du troisième type
falbalala

Devils Tower, c’est l’histoire d’une rencontre. Celle d’un vieux bonhomme visible à 100 miles à la ronde, singulier, bourré d’histoire(s), de légendes et qui a même eu l’honneur d’être un élément de l’intrigue d’un classique de la science-fiction. Vous avez certainement l’impression de ne jamais en avoir entendu parler, mais pourtant, sa forme particulière vous rappelle forcément quelque chose. Devils Tower ( » la tour du diable « ) est l’une des vedettes du film « Rencontres du 3e type » de Steven Spielberg (1977). Vous l’avez aussi peut-être aperçue dans le plus récent mais tout aussi extraterrestre « Paul » (2011). Plantée presqu’à la verticale au milieu d’une prairie et de collines, au nord-est du Wyoming, cette drôle de montagne, mystérieux caprice de la nature, ressemble à un cannelé… Le monolithe, une formation volcanique, a en effet la particularité d’avoir, à son sommet, de parfaites stries parallèles. Le site a été le premier à être déclaré monument (et parc) national en 1906 par le président Theodore Roosevelt.

 

 

Ancien territoire des indiens (sacré pour une vingtaine de tribus), repaire des amateurs d’escalade (varappe) et des chiens de prairie (lire tout en-dessous, ils méritaient bien un paragraphe perso), l’histoire de cette montagne haute de plus de 300 m et comme écorchée au sommet, a nourri de multiples légendes. La plus répandue est celle de la tribu des Kiowas.

 

Elle raconte qu’un jour, un groupe d’enfants (sept soeurs et leur frère) étaient en train de jouer. Tout d’un coup, le garçon s’est mis à trembler de tous ses membres avant de se transformer, sous leurs yeux, en ours. Ses mains sont devenues griffes, son corps s’est recouvert de fourrure. Les soeurs, terrifiées, se mirent à courir, l’ours à leurs trousses. Arrivées au pied d’un grand arbre, celui-ci s’est mis à leur parler et leur a dit de monter sur ses branches. L’ami végétal a alors commencé à s’élever dans les airs. L’ours géant était là pour les tuer, mais elles étaient tout juste hors de sa portée. En rage, il a marqué de ses griffes tout le tour de l’arbre (la Devils Tower !) et est reparti bredouille. Quant aux sept soeurs, elles se sont élevées dans le ciel, créant la constellation de la Grande ourse (oh c’est trop beau).

 

 

C’est peut-être vrai, qui sait. Puisque les scientifiques peinent à se mettre d’accord sur l’origine de cette curieuse formation géologique. Les avis divergent sur le processus (il y en a presque autant que de légendes) : la Devils Tower pourrait être un bouchon volcanique ou les restes de l’éruption d »un volcan. Elle viendrait en tout cas de l’intrusion de roches, il y a plusieurs millions d’années…

Selon les tribus, la montagne porte différents noms:  « la maison de l’ours », « l’antre de l’ours », « l’abri du grizzli »… Son nom officiel, « la tour du diable », lui a été donné en 1875 par le colonel Richard Dodge Irving, qui dirigeait une expédition militaire envoyée là pour confirmer que de l’or avait été découvert dans les Black Hills. (A l’origine et suite à une mauvaise interprétation, une apostrophe avait été orthographiée entre devil et tower, elle a disparu depuis). Il a failli être renommé en « bear lodge » (signe de la reconnaissance de l’héritage indien) en 2005 mais le projet a rencontré une farouche opposition, pour des raisons économiques et touristiques.

Le site mérite en tout cas qu’on aille à sa rencontre. A vous de voir jusqu’où vous irez : selon nous, elle est presque plus spectaculaire vue de loin.

 

 

  • Le coin pratique

> Adresse : au nord-est du Wyoming, sur la route entre Hulett et Sundance. De l’interstate 90, si on vient de l’ouest prendre la 14 à Moorcroft puis la 24 (33 miles); si on vient de l’est, prendre la 14 à Sundance puis la 24 (27 miles). Pour loger, la ville la plus proche est Sundance.

[googlemaps https://maps.google.fr/maps/ms?msa=0&msid=205825045507291706220.0004d7f4dfc37d8422fbf&hl=fr&ie=UTF8&t=h&ll=44.587712,-104.707483&spn=0.004561,0.014017&output=embed&w=600&h=450]

> Coordonnées GPS : 44°35’26 » N 104°42’56 »W

> Site officiel : http://www.nps.gov/deto/index.htm

> Tarifs : pass valable 7 jours pour une voiture = 10 dollars. Entrée gratuite six jours par an. Pass « America the beautiful » accepté. Le site est ouvert toute l’année, 24 h sur 24.

> Ce qu’on peut y faire : un tour au Visitor center, de la randonnée (du sentier de 2 km au tour de la montagne de 12 km), prendre en photo la scuplture du « cercle de fumée sacrée » de Junkyu Muto, du ski de fond (l’hiver, car l’été c’est la fournaise), de l’escalade (c’est censé être l’un des meilleurs spots de varappe d’Amérique du nord, mais il faut s’enregistrer et c’est interdit en juin, à la demande des indiens). Et tout un tas d’activités avec les rangers de mi-juin à fin août : balades à la découverte de la faune, loisirs pour les juniors et même résidence pour poètes en herbe. Et bien sûr aller à la rencontre des incontournables…

… chiens de prairie !

 

 

Voilà une rencontre qui mérite presque autant le détour que le monument lui-même. Dès la cabane des rangers passée, les voitures et camping-cars font la queue sur le bas-côté. Et des panneaux annoncent la couleur : attention, chiens de prairie ! Des dizaines et des dizaines de ces petits rongeurs, qui ressemblent (vite fait) à nos marmottes et qui s’appellent ainsi car leur cri ressemble à un aboiement de chien (Jetez un oeil à la vidéo ci-dessous).

 

https://www.facebook.com/photo.php?v=493412470692780&l=6750548579287474176

 

Leur domaine est la prairie, dans laquelle ils creusent de véritables réseaux de galeries. Ils vivent en « famille » (voire en coloc avec d’autres espèces) dans des sortes de maisons souterraines avec des pièces dédiées et communiquent entre eux. En général, une sentinelle garde l’entrée du terrier (véritable « ville ») et se met à « japper » pour avertir les autres que quelqu’un/quelque chose s’en approche. Cinq espèces différentes existent, toutes en Amérique du nord; à Devils Tower, ce sont les chiens de prairie à queue noire. Considérés comme nuisibles au début du XXe siècle, il ont été presque entièrement exterminés (leur population serait passée de 800 millions à 2 millions). Sur le site de Devils Tower, ils sont deux-cent fois moins qu’avant. Leur présence serait pourtant bénéfique à la terre, qui se gorge en minéraux. Attention néanmoins lorsque vous les rencontrerez : évitez de trop les approcher car comme les chiens canidés, ils mordent. Et ceux-là ont la rage.

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