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A la fin de la route | 25 juillet 2017

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Bussana Vecchia, tel le phénix

Bussana Vecchia, tel le phénix
alafindelaroute

Imaginez un endroit figé dans le temps, peuplé de soixante-huitards, et qui ne soit ni sur le plateau du Larzac ni en Ardèche. Un village différent, une Atlantide que l’on aurait retrouvé et reprise en mains. Sur la côte Ligure, à quelques kilomètres de la classieuse San Remo et à peine plus loin de la frontière franco-italienne, dans une région sertie de joyaux (Portovenere, Cinque Terre, Portofino, Cervo, Gênes…) se trouve Bussana Vecchia. Plantée sur un promontoire, coincée entre la mer et les Alpes ligures, la cité possède une destinée singulière. Qui a basculé le 23 février 1887. Ce jour-là, un tremblement de terre ravage les constructions fragiles de Bussana, village du IXe siècle. Bilan : 53 morts, une cité abandonnée en 1894 et un nouveau Bussana qui sort de terre en bord de mer. Bussana Nuova, sans grand charme et de peu d’intérêt.

 

 

En revanche, sur la colline, Bussana Vecchia et ses ruines sont toujours là. La ville fantôme a été réinvestie dès l’après-guerre par des habitants du Sud de l’Italie, des terroni comme on les appelle dans le Nord. Il était dit que la vieille ville ne revivrait pas : expulsion de la police, destruction des escaliers et des toits… Puis les années 60, autre époque, autres visiteurs. Un groupe d’artistes européens (Italiens, Français, Allemands, Suédois…), la Communauté des Artistes Internationaux, devenue depuis le Village International des Artistes, s’installe, créée et croît jusqu’en 1968 (20 à 30 personnes). Là encore, le gouvernement réagit, dépêche ses pandores le 25 juillet 1968. Mais les carabinieri reculent face aux barricades. Comme un air de déjà-vu. La flamme rallumée par ces artistes hippies offre à Bussana Vecchia sa deuxième vie, malgré des démêlés récurrents avec l’état (au sujet des eaux usés, des poubelles, ou de la propriété même des lieux).

Et aujourd’hui ? Deux fois, j’ai pris la route de Bussana Vecchia. En partant de la nouvelle ville, elle serpente dangereusement sur 5 kilomètres. Si vous savez user de votre klaxon et conduire sur une route de la largeur d’un trottoir, vous arriverez tout en haut vivants. Posez la voiture sur le bas-côté et finissez à pied.

 

 

D’un coup, les villas laissent place au vieux village, son dédale de rues pavées, ses magasins d’artistes, ses maisons retapées de bric et de broc et dévorées par le lierre, son petit café, et son église (San Egidio) dont on pourrait penser qu’elle a été bombardée, puis mise à sac. Pas une voiture, pas un scooter, un calme absolu au milieu des chats, probablement les habitants les plus nombreux. Un véritable voyage dans le temps.

 

 

Et tout en haut, un jardin botanique. N’hésitez pas à payer le droit d’entrée (2 euros, à moins que la crise touche aussi la babacool-sphère). Là-bas, vous trouverez des plantes grasses dans tous les coins, un musée retraçant l’histoire de Bussana et celle du Village International des Artistes avec le visage des premiers « colons », et, tout en haut, sûrement la plus belle vue du village. Devant vous, le clocher de l’église San Egidio qui fait face à la mer, et derrière vous, les Alpes ligures. Rien que pour ça, merci d’avoir ressuscité Bussana.

 

 

A très bientôt.

 

Pour aller à Bussana Vecchia

En partant de San Remo, prendre la SS1 en direction de l’Est sur environ 7 kilomètres. Avant d’arriver à Bussana Nuova, tourner à gauche sur la strada Armea. Après environ 2 kilomètres, tourner à droite et passer sous le pont de l’autoroute. Au rond point, prendre la Via Frantoi e Canal. La suivre sur 2,5 kilomètres et voilà Bussana Vecchia.

Voici le plan pour y arriver depuis la ville nouvelle.

 

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